«La femme qui fuit» d’Anaïs Barbeau-Lavalette : une narration d’exception

La femme qui fuit écrit par Anaïs Barbeau-Lavalette est publié en 2015 par les éditions Marchand de feuilles.

Quatrième de couverture

Anaïs Bardeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle n’avait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle était aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fondit une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.

[…]

La femme qui fuit, c’est l’avant-première d’une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l’histoire, qui traverse librement le siècle et ses tempêtes.

Pour l’auteur, c’est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

Ce que j’en pense

Wow! 

Ce livre où la narration est faite à la deuxième personne du singulier est magnifique. J’ai rarement été aussi bouleversée à la suite d’une lecture. Après une trentaine de minutes plongée dans le roman, j’ai levé la tête et j’ai été surprise de ne pas être dans l’univers d’Anaïs. Mon cerveau avait été tellement bien submergé par l’ambiance, que j’étais convaincue d’y être. On a l’impression d’être le personnage principal, ses émotions deviennent les nôtres. Il donne un sentiment d’appartenance au lecteur et permet de se sentir directement concerné par les péripéties du personnage principal. C’est la façon que l’auteure a trouvée pour s’adresser  à sa grand-mère.Cette manière d’aborder le récit est un réel défi, Anaïs Barbeau-Lavalette l’a relevé avec succès. L’écriture est fluide et coule parfaitement.

Tout se déroule entre les années 1946 et 1952, on découvre l’histoire de la grand-mère de l’auteure. Celle-ci engage une détective privée pour suivre les traces de la femme qui a brisé le cœur de sa mère. On découvre les années après la guerre sous un autre angle. Cette partie de la société à cette époque est rarement abordée par les auteures, ce qui en fait une histoire unique. L’histoire a une grande part de réalité, des recherches poussées ont été entreprises dans le but d’en découvrir le plus possible sur Suzanne Meloche, le personnage principal. Cela fait en sorte de nous offusquer à certains moments.

Il y a également un côté artistique très fort dans ce roman. Les liens vers d’autres œuvres sont nombreux. Des peintres, des poètes, des écrivains, il y en a partout. Ce sont d’ailleurs tous des artistes québécois ayant été importants dans notre culture : Paul-Émile Borduas, Marcel Bardeau, Claude Gauvreau et bien d’autres. Ce n’est pas tout, le roman à scandale le Refus Globale figure dans les pages de ce magnifique livre. Un phénomène littéraire qui a grandement fait parler au Québec. La femme qui fuit est une mine d’information concernant divers artistes de notre culture.

Un coup de coeur que je vais clairement relire dans les années futures.

( Barbeau-Lavalette, Anaïs. La femme qui fuit.Montréal : Éditions Marchand de Feuilles.2015 )

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3 thoughts on “«La femme qui fuit» d’Anaïs Barbeau-Lavalette : une narration d’exception

  1. « Ce roman est une mine d’informations » Bien dit! J’ai adoré aussi (et pourtant je n’accroche pas dans ce qui est historique généralement!)

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  2. J’ai moi aussi adoré la lecture de ce roman! Ta photo est super belle 🙂

    Aimé par 1 personne

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