«Le grand cahier» d’Agota Kristof : l’histoire autrement

Les romans historiques… Un genre qui rarement m’attire. Cela sonne comme un roman sans fioriture, de la documentation pure et dure. Eh bien ! J’ai été agréablement surprise IMG_0713.JPGpar le roman d’Agota Kristof classé dans cette catégorie.


Le grand cahier 
est un récit narrer au «Nous». Une narration plutôt rare qui ajoute à son originalité. Le «Nous» représente deux jumeaux en temps de guerre. Ils ont 9 ans au début du roman, mais ils sont d’une intelligence extrême pour leur âge. Leur histoire se passe vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale sans être toutefois écrite noire sur blanc dans le récit.
Agota Kristof présente l’évolution psychologique des jumeaux dans ce temps cruel. Les jeunes garçons sont dans l’obligation de grandir et de s’endurcir pour pouvoir traverser les atrocités de la guerre. Ils pratiquent de nombreux exercices d’endurcissement tous plus fous les uns que les autres pour être capables de supporter la douleur et la faim. Ne donnant jamais clairement la date et l’endroit du récit, on peut supposer que l’auteur voulait
démontrer les ravages de la guerre partout et pas seulement à un endroit précis.

Une particularité du roman est l’objectivité qu’Agota Kristof y a apportée. Des scènes d’horreur sont mises sur le même pied d’égalité que des scènes du quotidien. Aucune émotion n’est permise, que des choses concrètes peuvent être mises sur papier:

«Nous devons décrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous faisons.[…] le mot « aimer » n’est pas un mot sûr, il manque de précision et d’objectivité.»

Tout semble banaliser dans ce roman. L’écriture objective choque parce que c’est ce qu’elle fait, elle banalise tout. L’auteure montre qu’en temps de guerre tout est banalisé.
IMG_0749

Ce roman est également une histoire autobiographique maquillée. Quand on regarde le passé de l’auteure, on y voit beaucoup de similitudes. Cela n’est pas surprenant puisque dans les années après la guerre, beaucoup d’auteurs, par l’écriture, livrent leur témoignage de la guerre.

Je compte bien m’aventurer dans la suite de ce roman. Il est le premier de trois livres. À tous les lecteurs qui redoutent les romans historiques comme moi, je vous conseille de laisser vos préjugés de côté et de vous lancer dans cet univers avec ce roman et sa suite La preuve.

Advertisements

Laisser un commentaire

Pour oublier votre commentaire, ouvrez une session par l’un des moyens suivants :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close